Biographie

Diplômé des Arts Appliqués à l’école Estienne à Paris, Grégoire Korganow commence sa carrière comme photojournaliste en 1991 et développe d’emblée une écriture personnelle. Il réalise pendant vingt ans des travaux pour des journaux français et internationaux de renom (Libération, New York Times, National Geographic, Marie Claire, Le monde, de l’air…). Ces dernières années, il se concentre sur des travaux personnels, soutenus par des Institutions, des fondations. Ses images font l’objet de nombreuses publications et ouvrages. Il est régulièrement invité en résidence et ses images sont exposées dans des lieux prestigieux en France et à l’international (Maison Européenne de la Photographie à Paris, Les Rencontres d’Arles, Visa pour l’image, Three Shadows Art Center de Beijing en Chine, Triennale de Milan en Italie…).

Photographe engagé dans le réel, il prend le parti des invisibles, se concentre sur le hors-champ, puis sur l’infime. Ses travaux sont le résultat d’un processus de dépouillement et d’utopie, à la recherche d’une vérité indicible ou d’une intimité enfouie.

En 2016, Grégoire Korganow est invité au Brésil et en Chine pour prolonger et exposer sa série française PÈRE ET FILS, un travail intime sur la figure masculine, la transmission et la fragilité des corps. Les prises de vue de ces images font l’objet d’un film documentaire de Stéphane Mercurio, « Quelques choses des hommes », diffusé en 2015 sur France 2 et récompensé par plusieurs prix. La même année, Grégoire Korganow est lauréat de la bourse de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques (FNAGP), ainsi que, en 2017, de la Fondation M6 et de la Région Normandie pour MON RÊVE FAMILIER, un projet d’installation plastique sur les prisons, qui prolonge son travail documentaire amorcé en 2008. Depuis 2013, il signe également plusieurs films à l’écriture volontairement laissée libre, dont la vidéo-danse UN TEMPS DE RÊVE sélectionnée au festival OVNI, Nice en 2016.

Grégoire Korganow enseigne en 2012 la photographie à la Faculté Paris 10 et en 2017 à l’Ecole de l’Image des Gobelins. Il conduit régulièrement des ateliers aux Rencontres d’Arles, à l’invitation de festivals français et étranger.

 

"Prisons"

« En 2010, je réalise mes premières photographies dans les prisons françaises pour le film de Stéphane Mercurio, À l’ombre de la République (production Iskra). Je rencontre alors le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, qui me nomme quelques mois plus tard contrôleur. De janvier 2011 à janvier 2014, je pénètre au cœur de l’enfermement en France. Je visite près d’une vingtaine d’établissements pénitenciers. Je reste entre cinq et dix jours dans chaque prison. Je peux tout photographier, l’intérieur des cellules, la cour de promenade, les parloirs, les douches, le mitard (quartier disciplinaire) … Le jour, la nuit. Aucun lieu ne m’est interdit. La prison, espace inaccessible au regard, suscite le fantasme. La réalité que j’y ai éprouvée est peu spectaculaire. L’enfer de l’incarcération tient beaucoup à l’accumulation et la répétition de traitements indignes qui transforment l’ordinaire en cauchemar : les règles avilissantes, la solitude, la promiscuité, l’insalubrité, le désœuvrement, l’inconfort… À cela s’ajoute la violence qui s’exerce dans les zones d’ombre et les cours de promenade. C’est cette intimité de l’enfermement que je cherche à photographier en couleur, de façon frontale, directe, sans effet. Je ne m’attache pas à une action ou à une anecdote. Je procède par petites touches, je m’imprègne de la géographie des lieux, de la lumière, des sons, des récits des détenus… Je saisis l’indicible, le temps qui s’arrête, la vie qui rétrécit, qui s’efface. Je ne montre aucun visage. Je ne raconte pas d’histoire. Je m’en tiens au traitement des individus et de leur intégrité. Je m’en tiens à ce que la spatialité, les mouvements, les postures, les marques corporelles révèlent de la condition carcérale aujourd’hui. »

Grégoire Korganow

Son travail

Escampeta, ce sont des rencontres improbables, des expressions artistiques qui questionnent, un parcours d’expositions photographiques qui interrogent, des découvertes qui émerveillent, de la simplicité dans un cadre naturel magnifique et préservé.

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