Rencontres Culturelles ESCAMPETA
Sauvage(s)

Sauvage(s)

SAUVAGE(S)

C’est le mot d’ordre, si tant est qu’il peut l’être, de la seconde édition des Rencontres culturelles Escampeta.

C’est peut-être parce qu’il n’aime pas les limites qu’il est difficile à définir, parce qu’il est difficile à définir
qu’il est troublant, parce qu’il est troublant qu’il est passionnant.
Le « sauvage » possède la couleur des abysses, et nous avons envie de l’explorer.

Au pluriel ou au singulier, il se déchaîne en horde ou se ramasse dans la solitude,
se laisse aller au fracas ou s’abandonne au silence, oscille entre l’ample et l’intime. Il se cache… ou lâche.
Il semble qu’il ne fasse pas dans la demi-mesure. Le sauvage est intense.

Complice de la notion de liberté, mais d’une liberté absolue. C’est qu’il se heurte durement aux règles, aux canons,
à la mesure, à la gestion. Le sauvage est débridé.

Le sauvage est illicite. Quand il a une meute de verbes à affronter – normer, domestiquer, familiariser, dompter, dresser, apprivoiser, discipliner, contenir, museler… – « ensauvager » n’a que peu d’alliés.

À moins d’ajouter le préfixe « dé » à tous ses antonymes. Et voilà que le sauvage renvoie à un avant.

Un brumeux lointain, difficile à situer. Le sauvage fricote avec les origines. Il semble qu’il faille aller le chercher
au plus profond. Le sauvage est d’entrailles.

Est-ce parce qu’il se tapit dans nos ventres qu’il se passe de mots ? Il sent plus qu’il ne sait,
ou en tout cas plus qu’il ne veut bien dire. Il semble que sauvage et langage ne fassent pas bon ménage.
Le sauvage est primaire. Est-il bête pour autant ? Non. Enfin oui… ll a l’intelligence de l’instinct,
du vivant qui est en nous. Il nous invite à écouter nos intuitions, à aiguiser nos perceptions. Le sauvage est sensible.

Il n’échappe pas aux connotations, surgit avec toute sa force occulte dans certains discours politiques.
Il résonne avec des sujets vibrants d’actualité. Il se love dans la nature que l’on habite, dans celle qui nous habite.
Il ricoche avec ce qui se murmure dans le Noir de la Montagne, avec ce qui se vit à Emmaüs Lespinassière.

Le sauvage s’accomode mal du paysage. Il préfère les lisières aux clairières.

Le sauvage affleure de peau, d’art et de nature.
Le sauvage, négligé. Le sauvage, primordial.

Nous désirons lui faire gagner du terrain. En toute humilité, en toute humanité.

C.I.

Laissez parler le sauvage qui est en vous...

Le mot « sauvage(s) » vous inspire ?
Participez aux « Sauvages écritures » !